Kuching

Après notre expérience de bus de Kota Kinabalu vers Brunei qui avait pris plusieurs heures de plus qu'estimé, nous étions bien heureux de prendre un vol d'une heure de Miri vers Kuching. Le temps estimé pour ce trajet de bus était d'environ 16h à 18h. 


Kuching, capitale de Sarawak (c'est le plus grand État de Malaisie en termes de superficie) offre un mélange fascinant de traditions malaises, chinoises, et autochtones. Le centre historique est diversifié en activité, il y a plusieurs marchés animés, des temples colorés et des festivals. Le Rainforest World Music Festival prenait justement place durant notre séjour à Kuching et amenaient plus de touristes qu'à l'habitude. Par contre, il s'agit d'un festival où seuls les étrangers participent étant donné le fort coût pour des locaux (environ 100$ par jour). 


À notre arrivée, le coucher de soleil nous graciait de sa présence et nous promettait un bon moment à Kuching. Il faut dire que bien que la ville de Miri était ok, nous n'avons pas eu de coucher de soleil malgré le bon angle et la proximité avec la mer. 


Permai Rainforest resort 


La nuit à Kuching était simplement une étape avant d'aller à Permai Rainforest resort. Situé à environ 45 minutes de Kuching en taxi, le resort est dans une zone de plage pristine (Damai beach) et de conservation de forêt. Durant cette première journée, nous avons pu observer : probocis Monkey, Silvered leaf monkey, plusieurs oiseaux. Nous avons fait un trek de 2h où nous avons plus suer que le filet d'eau qu'il avait dans la chute promise. Coup de chance, nous avons pu observer des grenouilles qui grimpait la chute. Toute qu'un spectacle!


Les singes probocis qu'on avait vu en photo semblaient juste moche avec leur gros pif 👃 géant. Puis, en réalité, ils étaient curieusement très humain. Avec leur bedaine et nez, on avait parfois l'impression de voir un buveur de bière professionnel, en forme, qui chill sur un arbre. Les Silvered leaf monkey sont devenus notre coup de coeur, avec les petits de couleurs oranges et leur pose au soleil semblant être perdu dans leurs pensées entre deux bouchées de feuille. Selon Google, la couleur orange des petits seraient pour que les parents ne perdent pas leurs petits dans la forêt (🤷). 


À notre première nuit, nous avions une chambre avec 6 lits qui nous donnait droit à 6 déjeuner ! Nous avons demandé pour échanger certains déjeuners pour d'autres repas mais la demande a été refusé. Le lendemain matin, nous avons réussi à prendre 4 déjeuners supplémentaires pour emporter. Compte tenu que du riz frit ou une soupe de fruit de mer (laksa) compte comme un déjeuner, on était heureux de manger toute la journée des déjeuners.


Notre deuxième nuit était dans une tree house. Il s'agit d'une cabane sur pilotis où les fenêtres arrivent à la hauteur de la canopée. Il ne fallait pas trop marcher fort, car la cabane ressentait le poids de nos pieds comme un après-coup de tremblement de terre. Bref, ça brassait quand on marchait. Lors de la réservation, notre plus grand souhait était de peut-être voir quelques oiseaux. Surprise, nous avons plutôt été accueillis par une famille de silvered leaf monkey 🐒 🐵. Grâce aux fenêtres, les singes étaient à environ 1 mètre de nous !! Un autre avantage de la tree house, fût le spectacle de coucher de soleil à partir de la terrasse. Le coucher de soleil était sensationnelle avec des dégradés de couleurs pastels qui me faisait penser presque à des aurores boréales vu qu'il y avait des filaments de couleurs. Ainsi, j'ai demandé à chatgtp de me décrire un coucher de soleil afin de mieux représenter ce que je souhaitais exprimer : Imagine-toi au bord de la mer, où le soleil commence doucement à descendre vers l'horizon. Le ciel se teinte d'une palette de couleurs chaleureuses : des nuances de rose, d'orange et de pourpre se mélangent harmonieusement. Les nuages semblent être peints à la main, reflétant les teintes du soleil couchant. La lumière dorée du soleil crée des reflets scintillants sur les vagues calmes, comme si la mer elle-même capturait la magie du crépuscule. L'atmosphère devient plus paisible et contemplative, et chaque instant semble suspendu dans le temps alors que le soleil achève sa descente majestueuse.


Bako national park 


Directement depuis Primai Rainforest, nous avons pris un taxi pour traverser la ville et aller au parc national de Bako. Nous connaissions la réalité que le parc est géré par le gouvernement mais les transports par des privés. Le service de bateau d'une durée de 20 minutes se vend à l'unité (200 myr ou 60$ pour l'aller-retour) et peut contenir jusqu'à 5 adultes. A notre arrivée, aucun touriste en vue. Nous devions trouver trois autres personnes pour partager le bateau. L'arnaque ne se termine pas là, nous devions trouver des personnes qui font exactement la même croisière pour revenir tous ensemble. Les chances de trouver 2 à 3 personnes qui souhaitent rester deux nuits au parc quand presque tous les touristes font des aller retours dans la même journée étaient faibles. En plus, nous pouvions voir que les bateaux retournaient vides au parc pour aller chercher des clients. 

Une décision a été prise. Tant pis pour le parc. Nous n'avons pas pu se faire rembourser les deux nuits (environ 60$), mais la liberté n'a pas de prix ! Étant environ dans le même secteur que Permai Rainforest, la plupart des mammifères que l'on souhaitait voir avait déjà été vus la veille. Entendant un touriste négocier son taxi, j'ai sauté sur l'occasion de nous incruster pour séparer les frais. Ainsi, deux jours de plus à Kuching et bye bye Bako. 


Kuching 


Le waterfront a subi plusieurs transformations depuis le 19e siècle : d'une petite colonie à un port animé avec des entrepôts et des quais, il est aujourd'hui devenu une promenade paysagée au bord de la rivière. Le waterfront abrite également aujourd'hui des sculptures modernes, un théâtre en plein air et une fontaine musicale (light show). Long de près d'un kilomètre, la ville a gagné de nombreux prix car la réhabilitation a été réalisé à une époque où l'Asie ne valorisait pas les bords de rivière (plus utiles/pratiques que bucoliques). 


Avoir des jours de plus à Kuching signifie plus d'opportunités de voir des orangs outans. 

La réserve naturelle de Semenggoh est de loin le plus grand centre de réhabilitation des orangs-outans de Sarawak. En 1975, il a été créé comme un sanctuaire pour les orangs-outans blessés, orphelins ou détenus en captivité comme animaux de compagnie illégaux. Actuellement, le centre sert d'habitat pour les orangs-outans est un endroit où c'est facile d'en observer. Il y a deux périodes où ils nourrissent les orangs outans : 9h et 15h. Nous avons eu la chance de voir entre 8 à 10 individus différents incluant un bébé et des adolescents. Voir en vraie cette espèce menacé était d'une merveilleuse curiosité. Moins gracieux que les Silvered leaf et plus massif que les probocis, ils étaient impressionnants! Toujours en lien avec une liane ou corde, ils étaient moins joueurs avec les arbres. Leurs mains semblaient fait pour tenir les lianes (assez fermées). Nous avons entendus la mère et le petit arriver, car le petit pleurait comme un bébé humain qui a faim. Ce n'est que lorsque la mère portant le petit sont arrivés à la plateforme d'alimentation que les pleurs ont cessés. C'était un moment où on se demande jusqu'où peuvent aller les rapprochements entre l'humain et les primates dans l'évolution! Même à une certaine distance, nous pouvions voir que chaque individu avait des traits de visages qui permettaient de les distinguer.  


En après midi, nous avons pris ça plus relax et sommes tout de même aller voir deux petits musées gratuits : un sur les Iban et l'autre d'histoire naturelle. 


Celui sur les Iban était une belle surprise. Clairement non publicisé, il s'agit d'une fondation en l'honneur d'un grand chef Iban (Tun Jugah) et des collections d'artefacts de différentes communautés. Nous avons pu en apprendre sur l'art du tissage, du perlage et des poteries. Nous avons vu des tissus de plus de 200 ans dont une qui servait à transporter des têtes en guise de trophées (comme il disait au musée : in the old days). Nous ne pouvions pas prendre de photos. Il était agréable de voir qu'il y avait une certaine tradition des savoirs qui se poursuivaient avec la quantité de métier à tisser actif dans une des pièces du musée. Pour en savoir plus sur cette personne https://en.m.wikipedia.org/wiki/Jugah_Barieng

 

Notre journée s'est terminée par la visite du musée d'histoire naturelle où il y avait peu d'animaux à voir. On dirait qu'un quart seulement du musée était ouvert au public. Certaines taxidermies non réussies étaient quand même au rendez-vous! L'histoire des deux têtes d'éléphants à l'entrée est intéressante et laisse croire que le musée a déjà connue son âge d'or il y a quelques décennies. Le musée raconte : 

"Ces crânes gigantesques appartiennent aux deux éléphants morts (un taureau et une vache) utilisés par la société Borneo pour extraire le bois de la colline sur la rivière Bah du district de Belaga. Dix éléphants ont été apportés de Thaïlande au début des années 1950 pour aider à l'extraction du bois (avant que les lourdes machines, comme les chenilles, ne soient devenues abordables et standard). Lorsque ces crânes ont été exposés pour la première fois des deux côtés de l'entrée du musée, de nombreuses réceptions et contes curieux ont été créés. Les Ibans en particulier, croyait que les crânes étaient des "Pala Antu Gerasi ou des crânes géants", car ils étaient convaincus par leurs amis ou leurs parents qui avaient vu les crânes lors du transit à Kuching avant de se lancer ou de revenir de "Bejalai" social ou de recherche d'emploi à d'autres états ou pays voisins. Ainsi, chaque fois que un Iban ou d'autres habitants des régions rurales qui ont entendu l'histoire apportée par ces voyageurs, avaient la possibilité de venir à Kuching, ils se sont fait un devoir de voir ces « crânes géants » au musée. Les motifs des crânes ont été peints par un groupe d'artistes originaires de Upper Kayan River dans le Kalimantan oriental à la demande du musée au début des années 1950.