Premières impressions

"Dear guests, we'd like to remind you that taking life vests from this aircraft is a serious offense”. Bienvenue en Malaisie! Ces paroles furent transmises à l'atterrissage de Kota Kinabalu (KK). Ça promettait! 

À peine sortis de l’aéroport, nous découvrons que le système Grab (l’équivalent local d’Uber) est incroyablement efficace et bon marché : une course revient à un tiers du prix habituel.

La chaleur, elle, est constante : 34°C tous les jours. Le soir, une légère brise apporte un semblant de fraîcheur, mais le soleil, plus bas que lors de notre séjour au Japon, nous offre trois heures de clarté en moins.

Notre premier contact avec l'extérieur près de notre hôtel était une odeur généralisée (autant à l'entrée du rez-de-chaussée qu'à notre 12e étage). Au début, nous pensions que c'était de simples poubelles au soleil, mais comme ça rayonnait sur 1km carré, il fallait que ce soit plus grand que l'imagination. Ça nous a pris environ 24h pour identifier la source de ce délicat fumet: un beau cocktail de poisson vivant et ses restants grâce à la proximité du marché public, en plus de quelques égouts à ciel ouvert!


Kota Kinabalu, ville de contrastes

Le Lonely Planet pose une question clé : quelle est la capacité d’une petite ville à accueillir autant de centres d’achat? Effectivement, chaque immeuble semble en abriter. Alors, pour répondre à la question, on a passé du temps à se réfugier de la chaleur tropicale en profitant de l'air climatisé de ces centres d'achat. 

Autre surprise : l’anglais est omniprésent. Héritage colonial ou simple adaptation touristique ? Mystère. En 24h, on a échangé plus de mots anglais que les deux derniers mois. On voit que les malais ont quelques mots de coréens dans leur poche aussi.  

La gastronomie malaisienne est un véritable festival : soto, bakso, rojak, satay, nasi goreng, laksa, fruits de mer et fruits tropicaux. Après le Japon, où les fruits relèvent presque du luxe, les prix ici nous paraissent dérisoires : un melon coûte 2-3$, contre 60-80$ au Japon.

Une de nos plus grandes surprises est la grande proportion de touristes d'origine coréenne. Les menus dans les restaurants sont en malais, anglais, coréens et chinois. Finalement, sans le savoir, on s'ennuyait des coréens et de leur coutume! Par ailleurs, leur générosité qui semblait exagérée, mais appropriée en Corée, demeure même en Malaisie quand eux-mêmes sont touristes. Nous avons partagé une table avec un couple et il fallait absolument qu'il nous donne des fruits. En retour, nous avons partagé notre pain artistiquement moisi tricolore (bleu, jaune, noir), que nous avons rapidement recyclé en éclats de rire et en déchets.

Les premières impressions de Bornéo Malaisie sont prometteuses, par contre pas question de laisser son vélo verrouillé comme un japonais ici, car il y a de fortes chances que tu ne le verras plus. La ville fonctionne selon un chaos organisé qui nous rappelle davantage l’Amérique du Sud. À l'épicerie, ou la plupart des commerces en fait, ils scellent nos sacs avec du ruban adhésif après payé, comme si on allait rajouter des items entre la caisse et la sortie. 


Excursions autour de Kota Kinabalu

Iles Mamutik et Sapi – 13 juin

Une courte traversée nous a menés vers deux petites îles au large. Bien que les coraux soient abîmés, la diversité de poissons suffisait à rendre la journée de snorkeling 🤿 mémorable.


Parc national de Kinabalu – 14 au 16 juin

À deux heures et demie de route de KK (minivan bondé oblige), se trouve le parc national de Kinabalu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il abrite le mont Kinabalu, sommet iconique de 4 095 m, point culminant de l’Asie du Sud-Est. Faire le sommet est une activité lucrative pour les locaux et une pénitence pour les étrangers. Il s'agit d'une activité à environ 1000$US pour deux jours et une nuit, dont la 2e journée est l'ascension de 2000d+ et 3000d- avec un départ à 2h du matin. Ça demeure un aimant à influenceurs. Avec 22 000 posts Instagram par kilomètre, le sentier figure parmi les plus populaires au monde… selon ce critère pour le moins original.

Évidemment, on traîne la Watkins depuis deux mois pour ce moment spécifique et on l'a oublié dans le sac laissé à KK. On a été forcé d'en racheter à la pharmacie. "Quel est celui avec le plus de deet?" La pharmacienne : celui là est naturel, celui n'a pas de deet, etc. Mmmm ok on va prendre le plus toxique svp, celui interdit pour la nourriture et les enfants. Merci ! 

Sans tenter le sommet, nous avons exploré les sentiers du parc. Julia s’est équipée de chaussettes anti-sangsues : ces parasites attendent tapis sur les branches, guettant les mammifères de passage. Heureusement, la saison sèche rendait leur présence plus discrète.


Scènes de route

Le trajet vers le parc, dans une atmosphère souvent saturée de diesel, presque une saveur quotidienne, fut lui-même un spectacle :

  • Minivans bondés, partant seulement quand le chauffeur estime la charge « suffisante »
  • Pick-ups 🛻 transformés en bus scolaires, avec une douzaine d’enfants ballotés sur les routes de montagne
  • Camionnettes grillagées de la police de l’immigration, remplies de passagers peu enclins à expliquer leur présence…

De Kota Kinabalu aux sentiers humides de Kinabalu, ces premiers jours à Bornéo sont une immersion dans une Malaisie foisonnante, généreuse, un brin chaotique, mais toujours fascinante. Entre marchés odorants, coréens en goguette, poissons tropicaux et sangsues opportunistes, nous avons déjà l’impression d’entrer dans une nouvelle dimension du voyage.